Marion BENEFICE
Cabinet de Sophrologie et de Thérapies Holistiques

L’Amour au collège.

Beaucoup de jeunes font leurs premières expériences amoureuses au collège. Penses-tu que ces expériences peuvent te préparer à vivre plus tard le grand amour, source de bonheur ? Réfléchissons ensemble !

Qui es-tu ?

Tu es une personne, composée bien sûr d’un corps, mais pas seulement : tu as aussi un esprit et un cœur. Ce corps est beau par sa finalité : par ce corps tu pourras un jour exprimer l’amour à la personne que tu auras choisie, et ainsi devenir source de vie. Ces trois dimensions de ta personne sont inséparables. Donc tu ne peux pas donner ton corps sans y associer ton cœur. Et les gestes posés avec ton corps peuvent faire mal à ton cœur…

On n’est pas pareils !

Le corps de l’homme et celui de la femme sont très différents. Chez l’homme, la partie génitale est externe, elle est prête au don. Chez la femme, la partie génitale est interne, elle est prête à accueillir, à recevoir et à faire fructifier. Cette différence permet l’union des corps, qui exprime l’union des cœurs. Cette union est source de plaisir, qui fait partie du bonheur des couples.

Plaisir ou bonheur ?

Réfléchissons à la différence ! Le plaisir est immédiat, il est donc très tentant. Mais il ne dure pas. Il touche au corps, à nos sens. Le bonheur, lui, n’est pas immédiat : il se construit. Mais il peut durer… même toute la vie ! Il touche au cœur, il est profond. Bonne nouvelle, dans le bonheur il y a des plaisirs… mais, attention, dans tout plaisir, il n’y a pas toujours de bonheur (par exemple, la drogue, la pornographie…). Pour que le plaisir de l’union sexuelle soit bonheur, il faut que le plaisir soit comme la récompense du don fait à l’autre : « Parce que je t’aime, je me donne à toi, pour ton bonheur. » Quand la sexualité est uniquement une recherche de plaisir, elle peut enfermer dans la solitude, et faire de l’autre l’objet du plaisir. Or il n’y a pas de bonheur quand on devient objet.

Notre société confond souvent plaisir et bonheur car elle réduit la personne à un corps. Mais quand on veut construire un bonheur on sera prêt à renoncer à des plaisirs du moment, en vue de ce bonheur plus grand.

Un gars…

De ces différences physiques découlent des différences de psychologies. Le garçon est plus factuel, il se concentre sur une chose à la fois. Il est donc plus compartimenté. Il est attiré par l’image (il est scotché par les jeux vidéos ou les émissions de télé) et donc par le physique : il a de grands yeux. Ce qui l’entraîne plus facilement dans le piège de la pornographie. Celle-ci fonctionne comme de la drogue, il est très difficile de s’en sortir. Elle détruit en nous l’image de la beauté de la sexualité.

Une fille…

Elle pense à plusieurs choses à la fois. Quand elle est amoureuse, elle pense à lui en permanence, même quand elle fait autre chose, elle communique avec lui ou parle de lui sans cesse. Elle associe aimer et penser. Quand elle est amoureuse, elle pense que c’est pour la vie. Elle est aussi douée d’intuition, elle voit au-delà des événements. Elle a un plus grand désir d’engagement, sans doute parce qu’elle sent intuitivement qu’elle portera le fruit de l’amour – le bébé. Et c’est pour cela qu’en amour elle a besoin d’être protégée. Elle aime aussi tout raconter à ses copines. Elle a de grandes oreilles. Cette capacité à écouter et à exprimer les émotions devient une fragilité quand cette parole devient bavardage et commérage (c’est un poison dans le couple).

C’est quoi le mieux ?

Il n’est ni mieux, ni moins bien d’être un garçon ou une fille. Nous sommes différents, et cette différence est une source de richesses. La fille en amour a besoin de se sentir aimée, protégée, et a besoin de tendresse. Le garçon a besoin de se sentir plutôt admiré et de protéger. Il aura plus tendance à vouloir aller plus loin, jusqu’à la relation sexuelle. Accepter nos différences, comprendre comment fonctionne l’autre, permettra de mieux se respecter, et de mettre les bonnes limites pour un jour s’aimer dans une vraie complémentarité .

Est-ce que je l’aime ?

Le sentiment est une attirance pour une personne que je ne connais pas encore vraiment. L’expression « je suis tombé(e) amoureux(se) » est donc assez juste. Le sentiment amoureux est assez passif, fluctuant. On peut tomber amoureux de nombreuses fois (les cœurs d’artichauts, tu connais ? !). En revanche, aimer, c’est vouloir le bonheur de l’autre. C’est donc un mouvement vers l’autre, une décision de la volonté : on est prêt pour l’autre à se sacrifier, ou du moins à passer après lui. Mais pour être capable de faire ce mouvement, il faut être sûr de l’autre. Il faut donc bien le connaître.

Comment connaître l’autre ?

Quand on est amoureux, et qu’on commence à sortir ensemble, on pose des gestes amoureux. Ces gestes nous permettent-ils de mieux nous connaître pour pouvoir vraiment aimer ? On s’aperçoit que les baisers, les câlins et les caresses ne nous font pas mieux connaître l’autre, mais nous scotchent à lui, parce qu’ils nous font plaisir. Alors comment mieux connaître l’autre ? Une fille ou un garçon qui a de bons amis peut dire quelles qualités il attend d’eux : confiance, écoute, respect, partage, etc. Ce sont les qualités du cœur. N’en aurions-nous pas besoin aussi en amour ? On réalise donc que ce qui me fait connaître l’autre avec ses qualités et ses défauts, c’est l’amitié. Elle seule peut me faire connaître l’autre en vérité, sans être aveuglé par le fait de se savoir aimé, sans être enivré par des corps qui commencent à se donner. L’amitié est donc le socle de l’amour. Elle peut être un chemin de prudence quand le sentiment amoureux m’a saisi et que je ne le dis pas à l’autre tout de suite, de manière à passer par l’amitié. Elle peut aussi être le démarrage d’une belle histoire d’amour qui aura commencé par une grande amitié.

La fidélité

C’est la qualité que nous désirons en général le plus vivre dans un couple. L’infidélité semble la chose la plus difficile à pardonner. Mais comment pourrai-je un jour être fidèle si pendant toute ma jeunesse j’ai vécu des relations kleenex ? Ces histoires de petits couples qui commencent très jeunes, et nous semblent anodines, en fait nous fragilisent dans notre capacité à être fidèles. On a souvent confondu le sentiment amoureux et l’amour véritable.

N’oublions pas !

Mon corps est très tôt prêt à aimer, mais je ne suis pas que corps ! Mon cœur et mon esprit sont-ils prêts à assumer le fruit de l’amour et à m’engager pour l’autre ? Au collège, c’est trop tôt, c’est le temps de vivre l’amitié.

L’attirance des corps est forte et belle. Mais si ce n’est pas encore le temps de la relation sexuelle, alors cela veut dire que ce n’est pas encore non plus le temps de la tendresse. La fille est très vite remplie dans son attente affective : dès qu’elle est « en couple », elle reçoit cette tendresse qui la comble. Mais le garçon, lui, ressentira le besoin d’exprimer l’amour par la relation sexuelle, c’est dans sa nature (et c’est beau ainsi).

Un sentiment amoureux peut naître très vite mais pour savoir si je peux l’aimer vraiment, il me faudra avoir le courage de ne pas le lui dire, pour prendre le temps de l’amitié. Et ainsi le (ou la) connaître vraiment. Ce silence me permettra de poser un choix libre, tandis que les gestes amoureux grignotent un peu ma liberté en me scotchant à l’autre. Et puis, quand on sait qu’untel et untelle sortent ensemble, sommes-nous encore vraiment libres du regard des autres ?

Pour toute la vie !

Oui, c’est vrai, tout cela est exigeant ! Cela demande de véritables renoncements (j’aurais aimé déjà être dans les bras d’un garçon ou d’une fille…). Mais l’amour n’est-il pas le bien le plus précieux ? Ces renoncements, qui construisent ton bonheur, te permettront de lui dire un jour : « Tu as du prix à mes yeux et je veux t’aimer pour toute la vie. »

Source : Inès de Franclieu, mère de famille, est une conférencière à succès spécialisée dans l’éducation affective et sexuelle. Elle fait notamment de nombreuses interventions dans les collèges et lycées

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